Arrêtons ce «Shia LaBeouf bashing» !

Depuis que Shia LeBeouf a confié avoir été violé par une femme, l’acteur américain est moqué de toutes parts. On l’accuse de mentir et d’utiliser le viol comme un moyen de faire le buzz. Un lynchage médiatique scandaleux, qui encore une fois, culpabilise les victimes !

Le « Shia LaBeouf bashing » doit cesser ! Le mois dernier, l’acteur américain Shia LaBeouf confiait au cours d’une interview accordée au magazine Dazed and Confused qu’il s’était fait violer par une femme au cours de sa performance artistique #IAMSORRY.

Cette performance a eu lieu en février dernier à Los Angeles et consistait, pour Shia LeBoeuf, à attendre assis, seul dans la salle d’une galerie d’art, avec un sac en papier sur la tête sur lequel était inscrit « je suis désolé ». Durant cette prestation de cinq jours, les visiteurs se sont succédés : chacun leur tour, ils pouvaient entrer dans la pièce où se trouvait l’acteur et rester assis face à lui, seuls tous les deux, quelques instants. C’est au cours d’un de ces « face à face » que l’agression a eu lieu, comme l’explique Shia LeBoeuf au magazine Dazed : « Une femme, qui était venue avec son copain mais qui attendait à l’extérieur à ce moment-là, a fouetté mes jambes pendant dix minutes, m’a déshabillé puis a m’a violé».

L’article, accompagné d’une vidéo (ci-dessus) où l’acteur et la journaliste de Dazed restent une heure face à face sans se dire un mot, a immédiatement été relayé sur les réseaux sociaux puis a rapidement fait les choux gras de la presse internationale. Moqué de toutes parts, l’acteur a été accusé de mentir. On lui a également dit qu’il avait forcément dû être consentant et qu’il aurait pu se défendre. Et aussi qu’il utilisait le viol comme un moyen de faire le buzz. Les internautes y sont aller de leur jugement ainsi que certains médias (coucou Le Figaro !) qui n’ont pas hésité à critiquer le jeune homme, lui reprochant de « sombrer un peu plus dans le ridicule ».

Un lynchage médiatique écœurant, mais révélateur de la tendance qu’a notre société de culpabiliser les victimes de viol. On se rappelle d’ailleurs de la récente campagne de prévention de la police hongroise, qui nous expliquait gentiment que si on était victime de viol, c’était probablement de notre faute, ou de notre jupe trop courte ou de notre taux d’alcoolémie trop élevé. Une culpabilisation des victimes insupportable, que la victime soit un homme ou une femme, soit inconnu ou célèbre.

Quelques rares médias ont pris le contre pied de ce lynchage général, à l’instar de The Guardian en Angleterre etMadmoizelle en France. En dehors de ces quelques titres, le constat général reste effarant. En 2014.

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