Expo Crocodiles : l'interdire, ça c'est immoral.

Mardi 25 novembre, les élus toulousains ont interdit l'exposition "Crocodiles" du belge Thomas Mathieu. Celle-ci visait à dénoncer les violences faites aux femmes et le harcèlement de rue, mais était trop "vulgaire" aux yeux des élus.

Ce mardi, à Toulouse, dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, une exposition regroupant des planches de la bande dessinée “Les Crocodiles” du Belge Thomas Mathieu a été interdite. Quinze planches devaient être exposées, qui abordaient le harcèlement de rue et le sexisme ordinaire dont sont victimes certaines femmes. Chacune des scènes croquées avaient été réalisées à partir de témoignages réels. Pour la Communauté urbaine de Toulouse Métropole, l’exposition ne pouvait pas être ouverte au public en raison de son caractère “vulgaire” et de son “immoralité”.

Deux histoires auraient particulièrement choqué les élus locaux : une scène entre deux femmes qui s’embrassent et se font agresser verbalement par un homme : “Hey les lesbiennes, vous voulez ma bite dans votre cul ?”. Et une seconde qui décrit un viol conjugal. Comme dans chacune des histoires, les hommes sont représentés par des crocodiles, histoire d’appuyer le côté prédateur.

Violent ? Non. Mais vrai, oui. Thomas Mathieu est parti d’histoires vraies, de témoignages d’amies mais aussi d’internautes anonymes. “Il est délicat pour une victime qui m’a confié son histoire et dont j’ai fidèlement reproduit les propos d’entendre dire que telle planche est vulgaire”, confie l’auteur dans les colonnes du journal Le Monde. Il poursuit en déclarant que ses thèmes semblent poser “problème dans la société d’aujourd’hui. On voit deux femmes se tenir la main dans la première. Je me demande si ce n’est pas cela, finalement, qui est trouvé immoral et pornographique. Ce serait grave”.

L’auteur reconnaît que ses dessins ne sont pas destinés aux enfants, cependant le but du projet Crocodiles n’est pas d’être vulgaire et immoral mais de dénoncer les violences faites aux femmes et le harcèlement de rue. Cette exposition aurait pu être une très belle occasion de sensibiliser la population à ces sujets. L’interdire, c’est ça qui est immoral !

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