Pour la police hongroise, si une femme se fait violer, c’est de sa faute !

Honteuse. C’est ainsi que l’on peut qualifier sans exagérer la campagne de « sensibilisation » qu'a lancée ce week-end la police hongroise. Dans la vidéo, on explique ouvertement aux femmes que si elles se font violer au cours d’une soirée un peu trop arrosée, c’est de leur faute !

« Tu y es pour quelque chose, tu peux faire quelque chose pour éviter cela ». Telle est la conclusion d’un spot de « sensibilisation » que vient de lancer la police du district de Baranya, au sud-ouest de la Hongrie. Pour sensibiliser les populations à la question du viol, cette dernière opte pour la culpabilisation des victimes.

Dans la vidéo, on suit trois jeunes filles qui vont en soirée. Elles boivent de l’alcool, dansent et quittent les lieux avec deux jeunes hommes. La troisième, seule, se fait agresser en sortant de la boîte. Et à en croire la conclusion du spot, si la jeune fille se fait violer, c’est entièrement de sa faute. Car elle était saoule. Ou parce que sa jupe était trop courte ? Ou sa coiffure trop affriolante ? Un maquillage trop prononcé peut-être ? A vrai dire, on ne sait pas trop. Tout ce que l’on sait, c’est qu’au lieu de pointer du doigt l’agresseur, la police hongroise préfère culpabiliser les victimes, à coup d’arguments honteux.

La vidéo a rapidement crée le buzz sur les réseaux sociaux et a suscité l’indignation des internautes. Un tollé injustifié selon la police hongroise, qui affirme dans un communiqué : « Nos expériences montrent que la métacommunication féminine (comprendre le langage corporel) joue un rôle important dans la prévention. C’est souvent la coquetterie des jeunes femmes qui déclenche la violence ».

Un discours scandaleux et culpabilisant, qui n’est pas s’en rappeler celui de Michael Sanguinetti, policier à Toronto, qui en 2011 affirmait aux étudiantes de l’Université de York que pour éviter de se faire violer, « les femmes devraient éviter de s’habiller comme des salopes ». Des propos qui avaient déclenché le lancement de la première « Slut Walk » (Marche des Salopes en France), au cours de laquelle plus de 3 000 personnes avaient défilé. Leur message : « Ne dites pas aux victimes comment s’habiller ! Dites aux prédateurs de ne pas violer ! ». Et on a bien envie de dire exactement la même chose à la police hongroise !

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